I Must Runaway - 17

 I Must Runaway - 17
[Indications avant de lire : Musique à écouter si vous n'avez pas peur qu'elle vous deconcentre , les dialogues sont écrit en français mais les deux personnages parlent evidemment en anglais. ]

Chapitre 17


Gustav - J'y pense , c'est quoi ton prénom ?
Julia - ...Julia.
Gustav - D'accord, Julia.

Entendre mon prénom dans sa bouche m'atteint comme un grand privilège et dessine un leger sourire sur mes lèvres salée par mes larmes. Une main dans mon dos pour me guider, il m'emmène vers une voiture garée quelques mètres plus loin. Je ne sais pas ce qu'il va se passer, je ne sais pas ce qu'il fait ou veut faire, je ne sais même pas si ce qu'il dit est vrai, mais pourtant je suis là, je le suis , sans savoir où il veut m'emmener , je n'ai pas d'autre choix que de lui faire confiance. Il m'ouvre alors la porte et me fait rentrer en première. Dès son entrée dans la voiture, la voix du chauffeur se fait entendre. Rien qu'au ton de sa voix je peux comprendre qu'il lui demande de justifier ma présence. Gustav prononce quelques mots puis fouille dans sa poche pour en sortir un portable sur lequel il compose un numéro après avoir pris une grande inspiration. Quelques courtes secondes après , il prononce un « David » incertain et l'inquiétude commence à naître. David , son producteur , ou plutôt leur producteur n'acceptera jamais que je reste avec Gustav ne serais ce que quelques minutes de plus. Le ton monte et Gustav prononce une seconde fois ce même prénom. Mes yeux ne quittant pas son visage , il finit par remarquer mon regard inquiet avant d'esquisser un sourire pour me rassurer. Il fronce les sourcils , soupire quelques secondes après alors que j'en deviens folle à ne rien comprendre. Cette conversation téléphonique dure trop longtemps à mon goût pendant que je réflechis aux actes de Gustav qui me paraissent insensés. Je ne comprend pas pourquoi il fait ça , ce qu'il se passe en lui pour qu'il puisse s'intéresser à une fille aussi pathétique et ordinaire que moi. Peut être l'envie de m'aider , de me ramener chez moi pour avoir la conscience tranquille ... Peut être. J'en arrive à un point où il me devient insupportable de ne connaître aucune réponse. Peut être que dans quelques minutes je serais de retour chez moi , juste à cause ou grâce à lui , peut être qu'il m'aura remise dans la rue , je n'en sais rien. Peut être peut être peut être, je suis incapable de faire des affirmations. Mais c'est à ce moment là , que , discrètement , un sourire apparaît sur le visage de ce jeune blond. Il raccroche et pose sa main sur mon bras, une main qui me fait sortir de la peur dans laquelle j'étais plongée et qui me ramène dans une réalité qui me parait toujours un rêve.

Gustav - Tu peux venir.
Julia - . . . Où ?
Gustav - A l'hotel , avec moi. Par contre, il y a plusieurs choses que tu dois respecter si tu veux venir. Enfin , est-ce que tu veux venir juste pour au moins une nuit ?

Je crois que mon coeurs ne connaît plus son rythme normal. Gustav connaît ma réponse je le sais , mais il ne veux pas me donner l'impression de m'imposer quoi que ce soit , ou du moins je le pense. Je ne sais pas si il réalise ce qu'il fait , si il réalise ce qu'il me propose et les risques qu'il prend. Bizarrement , je me dis que je ne serais pas etonné si quelque un venait à me réveiller après ce long rêve pour m'accueillir dans ma petite chambre blanche. Mais pour l'instant , que je sois éveillé dans un rêve ou dans une réalité , je profite du temps qu'il m'accorde au près de lui.

Julia - ...oui.

Mes emotions ne font de ma voix qu'un simple filet , je me demande même s'il l'a entendue mais ce sourire que dessine ses lèvres me fait comprendre que ma voix était assez audible.

Gustav - En premier , le plus important. Quand on sera arrivé à l'hôtel , je descendrais le premier de la voiture , et toi tu sortiras plus tard, à un autre endroit avec le chauffeur quelques minutes après. J'aurais donné des indications à l'accueil pour qu'il te laisse passer et le chauffeur connaît le numéro de ma chambre. Ensuite tu ne pourras pas sortir de ma chambre sans que je te le dise ok? Je prend beaucoup de risque en ce moment et surtout une fois que tu seras dans l'hotel, alors je compte sur toi pour ne pas me désobéir.
Julia - Merci. . .
Gustav - De rien.

Ce simple «  merci » m'a demandé de considérables efforts pour articuler mes lèvres. Gustav vient de me proposer , à moi , une jeune fugueuse de 15 ans , de passer une nuit dans sa chambre alors que toute la police est à ma recherche. Je sais qu'il a des idées derrière la tête , des idées contraires aux miennes , je sais qu'il espère juste pouvoir me ramener chez moi le plus vite possible , mais le seul fait qu'il se soucie de moi réussit à effacer tout le reste et à faire battre mon c½ur à un rythme épuisant. Après de longues secondes de silences à observer mes mains, la voiture ralentit pour se garer sur le coté de l'hôtel. Il n'y aucune fan à l'horizon , les Tokio Hotel ne sont surement pas sensés se trouver ici. Gustav pose alors sa main sur mon bras avant d'ouvrir la portière de son autre main.

Gustav - A tout à l'heure.

Gustav sort de la voiture et je peux apercevoir Saki avant que la porte ne se referme. Sans attendre , le chauffeur redémarre dans un silence angoissant pour s'arrêter après avoir pénétrer au premier étage d'un parking très sombre.

Chauffeur - Vous pouvez descendre.
Julia - Merci.
Chauffeur - Suivez moi.

Son ton est froid et me donne l'impression qu'il me reproche quelque chose. Surement se dit il que Gustav a fait une énorme erreur en s'encombrant d'une pauvre fille en pleine crise d'adolescence. Ou peut être est il comme ça avec tout le monde. Peu importe. Après avoir longer un grand couloir très simple mais très éclairé , nous passons une grande porte blanche aux bordures dorés et entrons dans un hall plus que luxueux. Le sol est si brillant que je surveille chacun de mes pas et un membre du personnel qui passe à quelques mètres de nous donne l'impression d'avoir été fait sur mesure. C'est comme si tout était parfait , ou plutôt , tout est parfait. Soudainement , une voix grave me tire de ma contemplation des lieux, il n'a vraiment pas l'air de m'apprécier.

Chauffeur - Restez ici et ne parlez à personne.
Julia - D'accord.

Gustav n'a pas menti , après quelques mots à l'accueil , le chauffeur revient vers moi pour me demander de le suivre. 3 étages et 2 couloirs plus tard , nous voilà en face d'une porte , de sa porte. Elle est d'un blanc éclatant et porte le chiffre 52. Tout le monde se serait imaginé qu'elle porterait le chiffre 483 , comme dans toutes les histoires , mais de tel coïncidences n'existe que rarement dans la réalité. Après avoir vérifier plusieurs fois que le couloir était vide, mon accompagnateur toque 3 fois à la porte. La voix de Gustav lui demande alors quelque chose en allemand , avant que le chauffeur ne réponde rapidement par un « nein » et que le batteur ouvre la porte. Je me sens alors brutalement poussée dans la chambre , et la main de Gustav m'attrape le bras pour m'attirer rapidement à l'intérieur. Le VSD rentre juste derrière moi et c'est à ce moment là que je remarque les yeux de Gustav : aucune lunette ni autre barrière ne me les cache maintenant , et c'est aussi à ce moment là que je peux remarquer l'effet de son regard sur ... mes esprits et mon corps tout entier. Après ce regard assez troublant , il se retourne vers le chauffeur et lui dit quelques mots, me laissant déroutée en plein milieu de la pièce. Je ne sais vraiment pas où me mettre , et je me sens étrangère à cet endroit. Tout est magnifique ici , ce lit qui est parfaitement plié avec des draps qui nous donnerait envie de dormir sur le sol pour ne pas les froisser , ses murs et ses meubles qui semblent avoir était fait l'un pour l'autre , ses fenêtres qui donne une vue imprenable sur l'eau semblable à un lit de minis diamants... Tout ça contraste tellement avec moi , ma situation , mon hygiène délaissée, ma vie. Alors que mes yeux parcourent la chambre, éblouis par chaque objet , la porte s'ouvre et se ferme une seconde fois avant que la voix de Gustav ne résonne dans la chambre.

Gustav - Voilà , tout est réglé , Bienvenue dans ma chambre.

Tout comme la première fois qu'il m'a parlée , à chaque mots qu'il m'adresse , un sentiment de plus en plus bizarre m'envahit. Comme un stress mélangé à de la honte et de la timidité. Un sentiment surement trop complexe pour mériter un nom.

Julia - ... Merci ... c'est ... magnifique.
Gustav - Oui c'est vrai ... Mais on s'en lasse vite ... Ca remplace jamais la maison familiale.
Julia - Oui ... c'est sur.
Gustav - Viens , assis toi.

Il s'assoit sur le lit et tapote la place à coté de lui. Hésitante , je m'assois délicatement sur les draps , évitant de les froisser le plus possible. Tout ça me parait vraiment irréel, comme on dit , trop beau pour être vrai.

Gustav - Bon ... d'abord donne moi ton sac. Je vais faire laver tes vêtements et en attendant je te preterai un tee shirt à moi et un jogging que je vais aller chercher chez Bill.

Il prend mon sac en main et le pose au pied du lit. C'est fou comme mes gestes sont devenus lents et hésitants , hésitants surtout.

Gustav - Tu veux ... d'abord manger et ensuite te doucher ou plutôt le contraire ?

Etrangement, j'arrive à déceler une certaine appréhension dans sa voix. Il n'est pas si alaise que je l'aurais cru , et d'un côté , ça a l'avantage de me rassurer. Après tout , ce n'est qu'un humain et ce n'est parce qu'il est mondialement connu qu'il ne peut pas être timide face à une inconnue.

Julia - ... le contraire.

Malgrè mes efforts , les mots restent toujours coincés au fond de ma gorge. J'aurais pourtant un tas de choses à lui demander , mais ma gêne est trop forte pour que je puisse poser ne serais ce qu'une seule question.

Gustav - Je peux ... voir ?

Dit - il en pointant mon ventre du doigt. Mon hochement de tête vertical lui donne mon accord et sa main soulève délicatement mon tee shirt pour découvrir le bandage dont je n'avais pris connaissance que quelques minutes auparavant. Alors que sa main replace mon tee shirt avec une grande délicatesse, mes yeux restent fixés sur ses grands doigts épais qui viennent d'effleurer ma peau dans un dernier contact.

Gustav - Ca te fais pas trop mal ?
Julia - Un peu.
Gustav - Je vais voir si je peux pas t'avoir des médicaments pour que tu souffres moins... Hum , Viens avec moi , je vais te montrer ce dont tu as besoin dans la salle de bain. . .

Il m'emmène alors dans la salle de bain et me montre tout ce dont j'ai besoin. C'est comme si tout était éclairé , chaque couleur, chaque éclairage surement choisi très minutieusement, donne l'impression que cette salle de bain brille de mille feux. Sûrement que le luxe se base sur la brillance et donc l'éblouissement de chacun. Bref. Après mettre perdu dans toutes cette luminosité , mes yeux retrouvent Gustav et suivent chacun de ses gestes.

Gustav - Bon je crois que je t'ai tout montré... La baignoire a un rideau donc je pourrais rentrer pour te donner tes affaires et euh ... je te referais ton bandage après ta douche si tu veux. Si tu as besoin de quelques chose apelle moi. Bon ... Bonne douche !
Julia - Merci beaucoup.

Il sort de la salle de bain en souriant tandis que mon regard reste bloqué quelques secondes sur la porte qu'il vient de passer. Tout ça me parait tellement irréel. Comment se fait il qu'il était là juste au moment ou je me suis faite agressé ? Pourquoi accepte t'il si facilement de m'héberger alors que la réputation de Tokio Hotel pourrait être brisé à la moindre erreur ? Tout ça m'embrouille et un tas d'hypothèse me traverse. Enfin , je me retourne et croise mon reflet dans le miroir. Mes yeux marqués par la fatigue malgré le maquillage noir qui les entourent et mes cheveux emmêlés ne change pas grand-chose à ce que j'étais. Usant de lents gestes précis , j'enlève mon tee shirt pour faire apparaître une nouvelle fois mon bandage. Contrairement à ce que j'aurais pu penser , hormis ma blessure, mon corps ne garde presque aucune trace physique de ma fugue, juste quelques kilos en moins , surement. Une fois débarrassée de mes vêtements, je me glisse dans la baignoire. Je tire le rideau et m'assois dans cette dernière. Tous ses gestes habituels me réapparaissent nouveaux et lointains. J'ouvre le robinet et l'eau froide se met à couler pour devenir petit à petit de plus en plus chaude. Lentement , je positionne la pomme de douche juste au dessus de mes cheveux et l'eau chaude coulant sur ma peau ralentit mon rythme cardiaque jusqu'à ce qu'il retourne à la normale.
Quelques minutes plus tard , quelqu'un toque à la porte et sans surprise , la voix de Gustav se fait entendre. Je l'autorise à rentrer , la porte s'ouvre , et sa voix résonne une nouvelle fois contre les parois de la salle de bain. J'arrete alors l'eau et je sens que mon c½ur recommencent à s'emballer.

Gustav - Tu veux que je prenne le reste de tes affaires pour les faire laver ? Je t'ai apporté d'autres affaires.
Julia - Oui ... Merci beaucoup.

Une fois ma douche finie, je me sèche délicatement avec la serviette , en évitant les gestes brusques qui pourrait réveiller la douleur de mes côtes. Arrivé le moment de m'être le jogging bleu qui me servira de pijama , je ne peux éviter de me pencher un peu trop et d'étouffer un cri de douleur. Après le pantalon , je prend le tee shirt de Gustav dans mes mains. Il est blanc , avec un simple motif « Vans ». Je le porte à mon nez et respire la bonne odeur de lessive qui s'en échappe. L'odeur du propre , du linge à peine lavé , une odeur qui m'avait manquée. Je l'enfile délicatement et passe ensuite au peignage de mes cheveux. Un tas de n½ud se heurtent aux dents du peigne mais les sentir propre , me sentir propre m'aide, d'une certaine façon, à supporter l'incertitude dans laquelle je nage. Je suis pourtant prête à sortir de la salle de bain , mais j'y reste encore quelques secondes. Mes cheveux commence lentement à boucler et les gouttelettes sur mon visage disparaisse peu à peu pendant que je prépare mon c½ur à une nouvelle accélération lorsque mes yeux se poseront à nouveau sur Gustav. Bon , il est temps. J'attrape la bande et sort de la chambre. Comme je m'y attendais , mon c½ur fait un bond en le voyant allongé sur le lit , la télé allumée. Il sourit à mon apparition et me détaille du regard , ce que je trouve assez gênant jusqu'à ce qu'il prenne la parole en me montrant du regard l'assiette pleine sur le petit chariot devant lui.

Gustav - Ca va mieux ? Tu veux manger un peu ? Je t'ai pris des pates , j'avais oubliée de te demander ce que tu voulais.
Julia - Ok ... Merci. Euh ... Tu pourras me ...

Quand Est-ce que j'arriverais à prononcer une phrase entière en sa présence ? Les mots restent coincés à la frontière de mes lèvres et le ton de ma voix refuse obstinément à s'élever. Je lui montre la bande dans ma main hésitante et il comprend tout de suite en s'avançant pour me la prendre des mains.

Gustav - D'accord viens.

Je m'asseois à coté des lui et ses bras viennent lentement m'entourer sans même m'effleurer. Pendant ne serais ce qu'une seconde , j'ai pu sentir son souffle dans mon cou , declenchant un frisson le long de ma colonne vertébrale. A chaque gestes aussi délicat les uns que les autres , mon c½ur accélère ses battements et mes mains commencent à devenir moite. Ma tête baissée , je n'ose même pas regarder ses mains et fixe mon regard sur un quelconque endroit.

Gustav - Ca va ? Je te fais pas mal ?

Sa voix est si proche de moi que c'est comme si elle se répercutait en moi , comme si elle résonnait contre les parois de mon corps.

Julia - Non non.

Une fois le bandage fini, il redescend mon teeshirt sur ma plaie pansée pour qu'ensuite je me retourne vers lui. Ses yeux , toujours ses yeux , encore ses yeux. Ils n'auraient rien de particulier pour certains , mais pour moi , je ne saurais expliquer ce qui se concentre dans son regard.

Gustav - Bon , j'vais me doucher. Mange un peu pendant ce temps. Un garde du corps et peut etre Bill passeront surement plus tard pour te donner quelques affaires pour que tu puisses t'habiller demain. Je fais vite pour ne pas que tu sois seule , je sais pas si le garde du corps acceptera de t'ouvrir si je suis pas là.
Julia - D'accord, merci encore !

Il prend quelques affaires dans l'armoire et passe la porte de la salle de bain. Quelques secondes après, le jet d'eau commence à se faire entendre contre la baignoire. Je n'ose presque pas bouger dans cet environnement qui n'est pas le mien. Jusqu'ici , chaque geste que je faisais était dicté , mais me voilà seule dans cette pièce, avec pour seul conseil de manger. Je m'avance donc vers l'assiette pleine de pâtes , me munit de couverts et commence à manger. J'ai à peine fini de manger que Gustav ressort de la salle de bain dans une autre tenu surement pour dormir , et ses cheveux mouillés laissant tomber quelques gouttes d'eau sur son visage. A le voir comme ça , il est vraiment craquant et je ne peux m'empecher de sourire largement lorsqu'il s'ebouriffe les cheveux. Me sortant de ma bonne humeur , des coups sont frappés à la porte. Une voix s'annonce , une voix facilement reconnaissable. Un certain Bill dirait on. Gustav avance alors rapidement vers la porte qui s'ouvre et se referme rapidement sur un VSD et un grand jeune homme aux longs cheveux noir méché de blond plaqués le long de son visage fin. En effet , voici Le Bill Kaulitz , celui qui fait hurler des milliers de filles et déchaine des milliers de rumeurs. Il est là devant moi , et il me parait si ordinaire , si chaleureux , moi qui l'aurait pris pour un gros vantard qui pète plus haut que son derrière. A ma vue , il me fait un grand sourire et pose les affaires qu'il avait dans ses bras juste à coté de moi. Etrangement , je ne ressens pas la même gêne et le même stress qu'avec Gustav , comme si cette star mondialement connu me laissait d'une certaine façon indifférente.

Bill - Salut. Tiens c'est pour toi , Gustav me les avait demandé , j'ai juste chercher ce qui t'irait le mieux , mais surtout . . . ce que je ne met plus.

Il me sourit à nouveau et je peux voir qu'il est sincère , qu'il se fout bien de ma classe sociale ou de mon tour de poitrine. Sa gentillesse me réchauffe le coeur et lorsque je jète un coup d'oeil vers Gustav pour voir sa réaction , j'aperçois son sourire , une fois de plus.

Bill - J'aurais pu les faire apporter par Saki mais j'voulais rencontrer la petite protégée de Gustav. David n'était pas vraiment d'accord , mais j'obtiens toujours ce que je veux et Gustav aussi j'ai l'impression !
Gustav - En effet !

Cette fois , c'est à mon tour de lui sourire. Ils ont l'air si simple, si .... humain ? Surement. Je n'aurais jamais cru qu'ils soient aussi ouvert aux gens , aussi généreux et accueillant.

Bill - J'allais oublier , tu t'apelles ?
Julia - Julia.
Bill - Bon ben j'vais te laisser , Julia , il se fait tard et j'ai sommeil ! Bonne nuit les enfants !
Julia - Bonne nuit.
Gustav - Bonne nuit.

Après le départ de Bill , un grand silence s'installe et contrairement à tout à l'heure , la nécessité de lui poser certaines question devient de plus en plus forte jusqu'à en être etouffante. Je ne peux plus faire comme si j'ignorais ma situation et mes actes. Pendant que Gustav fouille dans sa valise , et que mes yeux fixent inlassablement les vetements de Bill , mes lèvres s'articule lentement , sans laisser sortir de son d'abord, mais un mince filet les traverse ensuite , sans même que je ne m'en rende compte.

Julia - Tu veux me ramener ?
Gustav - Quoi ?

Je ne peux plus me taire , je ne peux plus reculer et même si la vitesse des battements de mon coeur grimpe de plus en plus , je prend une nouvelle inspiration pour répèter ma questions sur un ton plus audible.

Julia - Vous aller me ramener chez moi non ?
Gustav - ...

L'atmosphère de la pièce a changée. Mes simples mots ont détruit en quelques seconde un mur entre nous et le monde extérieur. Ce putain de monde extérieur. Je l'avais presque oublié jusqu'à présent , grâce à lui, grâce à l'illusion que tout irait bien. Il pensait surement repoussé cette discussion jusqu'au dernier moment pour garder cette petite bulle que cette chambre offrait, mais maintenant c'est trop tard , il me doit une réponse, même si je la connais depuis le début.

Julia - Tu sais , tu peux me le dire. Je ne partirais pas, je te promet. N'importe qui voudrais me ramener chez moi , et si j'étais toi , je ferais la même chose.
Gustav - Je suis désolé mais je ne peux pas faire autrement.
Julia - Non. Ne sois pas désolé , j'ai juste fait n'importe quoi en partant de chez moi. C'est entièrement ma faute.
Gustav - Si tu l'as fait , c'est que quelque chose n'allait pas , alors ce n'est pas que de ta faute.

Il se retourne et s'asseoit à côté de moi. Une fois de plus , je baisse les yeux face aux siens, j'ai toujours l'impression que ce regard noisette est capable de déchiffrer le mien. Delicatement , sa main abimées par des années de batterie se pose alors sur la mienne. Il ne dit rien , il n'y a rien à dire. Nous avons tout deux raisons et dans quelques heures , tout sera fini. Une fin qui me parait pourtant si loin de nous , si irréel face à tout ce que j'ai pu connaître ces derniers jours.


. . .

Désolé pour mon retard mais surtout pour la pourriture de ce chapitre.
Avec tout ce qu'il s'est passé pour moi ces derniers temps, le moral n'était pas au rendez vous
Donc l'inspiration non plus.
Je voudrais aussi changer de sujets , pour dire aux retardataires que ce chapitre sera leur dernière chance , s'il ne mettent pas de commentaires sur le chapitre précédent ou celui qui arrivera , leur nom sera effacé de la liste des prevenus. Je crois que je l'ai assez répété au cas ou quelqu'un n'est pas lu ><.
Et pour ceux que ça interesse ,en effet , je suis raiment une chanteuse , j'ai d'ailleurs un groupe :P.
J'espère que vous allez bien : )
Merci : )


[ 130 Doliprane ? ]
Ouais j'ai une salle migraine depuis deux jours ><
. . .

Pour une certaine Clara , sache que j 'accepte ton commentaire et tes critiques même si elles ne font pas plaisir , mais juste pour te repondre , si il y a une suite , c'est qu'il va se passer des choses qu'il ne peut pas se passer en un seul chapitre , et même si j'peux accepter que tu trouves mon histoire " chiante " depuis l'arrivée de Gus parce qu'il ne se passe plus rien , pour moi , l'agression de Julia , son passage à l'hopital , son " accueil " par Gustav , ce n'est pas rien et pour la plupart des lecteurs non plus . Sur ceux , je ne veux pas rentrer en conflit avec toi , je voulais juste m'expliquer.

# Posté le dimanche 04 mai 2008 17:26

Modifié le mardi 24 juin 2008 18:51

I Must Runaway - 18 A écouter si possible

I Must Runaway - 18 A écouter si possible
Evidemment tous les dialogues sont en anglais, mais je les ecrit en français.


Chapitre 18

23h. Gustav préfère que l'on se couche maintenant. Une grosse journée nous attend autant l'un que l'autre.

Deux journées identiques au départ, sans rapport à la fin.Deux personnes sans rapport au début, sans rapport à la fin, juste un moment de ressemblance pendant quelques courtes heures qui deviendront inoubliable pour l'un, voir même pour l'autre.

Lorsqu'il se lève et qu'il met fin au contact de sa peau contre la mienne, c'est comme si quelquechose venait subitement à manquer , comme si son contact simple et discret devenait très important. Il me propose de dormir avec lui dans le lit ; il ne prefère pas que je prenne le canapé à cause de ma blessure et comme il dit , le lit est assez grand pour deux personnes. Je ne peux faire autrement que d'accepter, tout en sachant qu'il ne se passera rien. Strictement rien.
C'est fou comme j'hésite à me glisser dans ses draps parfaitement pliés. Tandis que Gustav les froisse sans ménagement, mes gestes sont doux et retire lentement la première étoffe assez épaisse. Le matelas s'affaisse doucement sous mon poids lorsque je me glisse dans le lit et remarque la douceur des draps. Je n'ai pas le temps de remonter ce tissu frais sur mon corps que la lumière s'éteint, plongeant cette magnifique chambre dans le noir. Des pas, un bruit de drap froissé, un lit qui s'affaisse doucement. Gustav est là juste à coté de moi, mais il en devient pourtant si intouchable, inaccessible. Dans la nuit, sa voix s'élève faiblement une dernière fois.

- Bonne nuit.
- Merci toi aussi.
- Si jamais tu as mal, préviens moi, même si je dors profondément n'hésite pas.
- D'accord.

" D'accord " ... Tu sais Gustav, même si je souffrais atrocement, je ne te réveillerais jamais. Je n'oserais tout simplement pas. C'est une des barrières de la familiarité que je ne franchirais pas. Pas avec toi. Dans tous les cas, cette douleur est la mienne , personne ne peut la partager avec moi quoiqu'il arrive. Pendant que la fatigue et le sommeil donne raison à ses draps de soie, Morphée m'emporte rapidement, laissant mon corps endormis dans le même lit qu'un certain Gustav Schafer.

Eux. Le pire que je puisse imaginer. Pourquoi est ce qu'ils sont là ? Pourquoi est ce qu'ils reviennent ? Ils n'en n'ont surement pas eu assez, je le sais , je le sens, le sang doit couler cette fois, la douleur ne suffit plus. Ils s'avancent , je les reconnais. Ils m'ont frappés et n'hésiteront pas à me blesser une seconde fois. Personne ne sera là pour m'aider, la chance ne frappe pas deux fois au même endroit. La peur me tiraille le ventre. J'ai beau appelé à l'aide , assise en plein milieu de ses escaliers , personne n'a l'air de m'entendre ni de ne prêter attention à ma situation. Des larmes chaudes se mettent à couler sur mes joues lorsque un sourire se dessine sur l'horrible visage du plus grand de la bande. Sûrement leur chef. " Oh, elle pleure déjà. Tu aurais pu attendre les coups pour chialer comme un bébé! C'est moins drôle maintenant. "Je le hais. Si il savait comme je hais chaque trait de son visage , chacun de ses mots , chacune de ses expressions. Cette haine emprisonnée au beau milieu de cette peur m'étouffe , m'oppresse. Mes pleurs redoublent et l'air qui traverse ma trachée se heurte violement à ses parois , me faisant suffoquée, surement à cause de la peur. Quelqu'un m'appelle , une voix familière. Cette voix, celle que j'attendais. Gustav ! Affolée , je regarde dans toutes les directions, de tous les cotés , Gustav n'apparaît nulle part. Sa voix a l'air si proche , si inquiète mais il n'est pas là , je suis seule. Mes pleurs redoublent , je m'invente des choses. Nan ce n'est pas possible, sa voix résonne une nouvelle fois et des mains se posent sur mes bras. Ses mains. Tout devient noir et je me sens légèrement secouée. Des draps entourent mes jambes et une douleur très vive s'attaque à mes côtes. Ce n'était donc qu'un cauchemar. Oui ce n'était qu'un cauchemar , mais des flots de larmes coulent sur mes joues et la peur continuent de faire trembler mon corps. " Chut , calme toi , je suis là. Tu as juste révée, calme toi. " Il est là. Oui, il est bien là. Je sens sa présence , ses mains qui caresse mon avant bras en sueur. Un cauchemar, cette horrible scène n'était pas réelle , juste un cauchemar. Sa voix est douce et même si l'air arrive enfin à traverser ma trachée sans problème , ces petites perles d'eau salée coulent toujours de mes yeux, seules témoin de ma douleur et de ma peur. Cette peur. Ma peur. Elle devient injustifiée mais se trouve d'autre raison. Si ce sombre rêve revenait, alors qu'il m'aura déjà oublié, qui sera là pour me réveiller et me rassurer ? Qui essaiera de comprendre ? Qui sera là pour me protéger si ce cauchemar devient réalité ?

Même si je ne peux distinguer que la forme de son visage à cause du manque de lumière, je sais qu'il doit être crispé par l'inquiétude. Sans vraiment savoir pourquoi, alors que Gustav me chuchote encore que tout va bien , de simples mots traversent rapidement mes lèvres libérant mes émotions de cette oppression insupportable. " J'ai peur .. j'ai peur qu'ils reviennent , j'ai peur de ce qu'il va se passer. " Je n'ai pu rien retenir, je ne veux plus me retenir. J'ai besoin de quelqu'un qui puisse me rassurer , je ne veux plus être seule, j'ai besoin de lui, de sa présence, de son assurance, de tout ce qu'il peut partager avec moi. A l'entente de ces mots, Gustav passe un bras sous mon dos et me relève délicatement pour coller son torse au mien. Sa seule étreinte me provoque comme un courant électrique dans tout le corps. J'ose enfin timidement à passer mes bras autour de son cou alors qu'il se laisse légèrement tomber sur le côté pour se recoucher sur le dos. M'allongeant contre lui, il continue de me chuchoter quelques mots pour me calmer, déstabilisant les battements de mon c½ur mais calmant mes pleurs. Ma main se referme pour emprisonner le fin tissus de son tee shirt entre mes doigts, comme pour m'assurer de sa présence ,étant sûre qu'il ne se volatilisera pas dans les secondes à venir, me ramenant dans mon cauchemar. Tel un enfant de bas âge, je hoquette à force de pleurs. Son corps se soulevant au rythme de sa respiration, je peine à assimiler la moindre information , mon esprit focalisé sur sa présence contre moi, me refusant son accès devenu limité. Enfin , les dernières larmes coulent sur mon visage et finiront surement par s'écraser sur son tee shirt, créant de petite auréoles invisibles dans l'obscurité de la nuit et disparue depuis bien longtemps le lendemain matin.

_____________


La lumière du jour vient cogner contre mes paupières closes. J'étire lentement chacun des membres de mon corps avant de libérer mon corps de ses draps devenu étouffants. Un geste trop vif et la douleur de mes côtes se réveille et me ramène à la journée d'hier. Tantot que j'étouffe un cri de douleur , une voix inconnue retentit juste à coté de moi.

- Vous allez bien ?

J'ouvre précipitamment les yeux, les rendant vulnérables aux rayons du soleil traversant les doubles fenêtres , dont la propreté du verre était telle qu'elles aurait pu paraître absente. Une fois mes yeux habitués à cette violence lumineuse , je peux voir un homme de forte corpulence penché au dessus de moi. Après quelques seconde de retour sur Terre , cet coupe de cheveux en brosse et ses grands yeux bleus m'aide à reconnaître le chauffeur peu gracieux à qui j'eus affaire hier. Malgré cet air bourrin qui orne son visage , ses yeux laissent tout de même apercevoir une pointe d'inquiétude. Alors qu'il continue à m'interroger du regard, je découvre que je suis seule à occuper ce lit même si l'oreiller sur lequel ma tête repose est toujours imprégné d'un parfum que je devine être celle de ce fameux batteur qui a passé la nuit à mes côtés. Voyant mon air de surprise face à l'absence de Gustav, le chauffeur/VSD/Nounou reprend la parole.

- Il a du partir. Je suis chargée de m'occuper de vous jusqu'à son retour. Vous allez bien ?
- Hum ... oui, je crois.
- Tenez prenez ça. C'est un anti-douleur.

Il me tend un verre avec une petite pilule blanche qui parait minuscule au milieu de cette main géante. J'avale tout cela lorsque j'aperçois à côté de la porte l'étui de ma propre guitare! Comment avais-je pu l'oublier alors que les coups que j'ai reçu était pour elle, pour ce dernier objet laissé par mon grand père ?

- Vous l'aviez laissée dans la voiture.
- Merci beaucoup . . . Euh . . .
- Viktor !
- Merci Viktor ! Merci beaucoup ! Je ne sais pas comment vous remerciez, c'est vraiment . . .
- Je n'ai fais que mon travail , ce n'est rien.

Recevoir des remerciements n'avait pas l'air de l'enchanter mais plutôt de le gêner. Peut-être n'y voyait-il vraiment que son devoir? Autant changer de sujet.

- Oh. . . Quel heure est - il ?
- 10h35. Vous avez faim ?
- Un peu.
- Je vais appeler. Qu'Est-ce que vous voulez ?
- Peu importe , quelque chose qui contient du chocolat.

Il sourit et se dirige vers le téléphone. Finalement , la première impression n'est pas toujours la bonne. J'ai toujours tendance à juger précipitamment les gens , à rapidement leur tourner le dos et me renfermer pour ne pas accepter leurs différence. Pourtant , je ne suis pas quelqu'un de méchant, mais plutôt une personne méfiante - surement trop d'ailleurs - mais la méfiance étant un défaut qui n'est parfois pas si inutile que l'on penserait.

_____________


Le temps passe lentement en présence de ce VDS si silencieux que j'en oublis parfois sa présence. Assise en tailleur sur le canapé , je change toutes les deux secondes de chaîne , et aucun programme n'arrive à capter mon attention. Un tas d'émissions défile sous mes yeux , émissions que j'aurais regardé dans d'autre circonstances , mais qui m'exaspère plus qu'autre chose à ce moment même. Enfin , je finis par me laisser volontairement absorber par un clip de MTV. Bullet for my valentine servira de fond musicale pour toutes ses questions qui assaille mon esprit. Quand Est-ce que je dois partir ? Quand Est-ce que l'on m'avouera enfin le moment où je devrais affronter ma famille en face de moi ? Comment se passera mon retour ? Est-ce qu'une seule de mes amies ne me croira pas folle quand je leur raconterais ces derniers jours hors de mon domicile ? . . . Qui pourrait me donner ne serais ce qu'une réponse à ce moment là ? Viktor. Peut être aura-t-il une seule réponse.

- ... S'il vous plait ?
- Oui ?
- Je ... Je peux vous poser une question ?
- Si je peux y répondre, je le ferais.
- Quand ... Quand est-ce que je serais ... ramené chez moi ?
- Hum ... Gustav ne vous a rien caché.
- Je l'avais deviné , ça n'aurait servi à rien.
- En effet . . . Pour vous répondre , surement dans l'après midi , en tout cas, Gustav a demandé que l'on attende son retour.
- Merci beaucoup.

Son prénom sonne bizarrement dans sa bouche, sûrement parce qu'il parle de lui en connaissance de cause , le côtoyant tous les jours. Le clip touchant à sa fin , j'abandonne l'idée de m'occuper avec la télé. Je la laisse pourtant en fond et , calant ma tête entre mes bras croisées sur mes jambes maintenant repliées, j'essaie de me remémorer le corps de Gustav collée au mien, sa voix douce et calme prononcée si bas dans la nuit. Des souvenirs, seulement des souvenirs.

_____________


Assise sur le lit, coiffée et habillée, VSD à mes côtés, estomac bien rempli par le repas du midi et guitare sur mes jambes, mes doigts frôlent les cordes à la recherche d'un prochain accord et ... Un bip vient de retentir. Le VSD tourne sa tête vers la porte alors que cette dernière s'ouvre et se referme rapidement, me laissant reconnaître un jeune homme blond affichant un sourire à ma vue. Quelques mots échangés en allemands, dont je n'ai bien sur rien compris, et l'homme m'ayant servi de nounou sort enfin de la chambre, m'adressant un petit «  Goodbye » auquel je répond identiquement. Un claquement de porte se fait entendre et la voix de Gustav empêche le silence de s'installer.

- Bien dormie ?
- Oui oui , merci ... Je suis désolée de t'avoir réveillé cette nuit, j'espère que t...
- C'est pas grave. L'essentiel c'est que tu es bien dormie. De toute façon je me suis rendormi assez vite.

Un sourire s'immisce alors timidement sur mon visage, une sorte de remerciement silencieux.

- Et si tu me jouais quelque chose ?
- Je ... je connais pas grand-chose. Ah si , Nothing else matters pourrait peut être te plaire, dit je tout en sachant qu'elle est la première chanson qu'il est écouté de Metallica.
- Tu sais la jouer ?!

Il dit cela comme un jeune enfant à qui on annonce un cadeau. Je reste bloquée sur ce visage illuminée et en oublie même de répondre.

- Ah euh ... Oui , j'ai mis longtemps avant d'arriver à la faire, mais maintenant ça va . . .
- Tu peux me la jouer s'il te plait ? C'est ma chanson préférée et Tom n'as jamais voulu me la jouer, il la trouve plate , sans intérêt et à chaque fois que je ... Enfin , tu voudrais me la jouer ?
- Bien sur... mais je vais peut être faire des fautes . . .
- T'inquiètes pas , je suis sûr que tu t'en sors très bien.

Sans attendre , je fixe les cordes de mon instruments et respirent profondément afin d'isoler le stress que je sens s'infiltrer peu à peu en moi. Replaçant mes cheveux noirs derrière mes oreilles, je positionne mes doigts et déclenche le premier accords. Les cordes glissent et s'écrasent sous mes doigts, et malgré le n½ud qui lie mon ventre et ma gorge , ma voix finit par s'élever, ramenant avec elle ce sentiments indescriptible. Petit à petit , j'ai l'impression de revenir sur ces escaliers, le soleil couché, alors qu'un jeune homme venait de s'accroupir devant moi pour m'écouter.

So close no matter how far
Couldn't be much more from the heart
Forever trusting who we are
And nothing else matters


J'ouvre les yeux et retourne dans cette chambre. Sa présence est alors tellement forte à côté de moi que j'ai du mal à me concentrer. Sentir son regard fixée sur moi me destabilise mais me valorise en même temps , me poussant à faire de mon mieux. Mieux faut il repartir dans ce souvenir, ce soleil absent et ce jeune homme, ce rayon de soleil dans cet obscurité qui ne m'a jamais plu.

Never cared for what they do
Never cared for what they know
But I know


On dit souvent que les chansons sont bien trop courtes, mais que c'est pour cela qu'on l'en apprécie la musique et que l'on aime les écouter plusieurs fois. Beaucoup de choses nous paraissent tellement brève, tout comme ce souvenir, mais elles savent si bien s'encrer dans la mémoire, qu'elles arrivent souvent à monopoliser notre pensée , comme une chanson que l'on a dans la tête et dont le refrain refuse de s'arrêter.

Trust I seek and I find in you
Every day for us something new
Open mind for a different view
And nothing else matters


Chacun interprète une chanson à sa façon , place un moment de sa vie sur cette dernière , ou s'y invente une histoire. Moi je place un souvenir, ce souvenir, même s'il est aussi court qu'une chanson, puisque sa cause est cette chanson.

Never cared for what they say
Never cared for games they play
Never cared for what they do
Never cared for what they know
But I know


Je pourrais placer cette chanson dans le futur aussi, mais je n'ai pas envie de me projeter trop loin. Oui , je me foutrais bien pas mal de ce que les autres penseront ou diront, parce que je sais que pendant ses quelques heures avec lui, rien d'autres n'avaient d'importances.

So close no matter how far
Couldn't be much more from the heart
Forever trusting who we are
And nothing else matters


Mes doigts glissent une dernière fois sur cette corde, mon médiator heurtant les cordes sur un dernier accord. Relevant la tête, je refuse de croire les étoiles que je vois dans ses yeux. Son sourire, ce silence. Il ne dit rien, et pourtant c'est aussi explicite que si il disait quelque chose. Je ne peux pas expliquer le sentiment , la fierté que je ressens en sachant que j'ai fais briller ses yeux, naître ses petites étoiles.

- Bravo. Y a rien à dire. Tu l'as jouée aussi bien que la première fois que je t'ai vu ...Bravo.

Il n'avait jamais encore fait allusion à cette scène. Tellement de choses à la fois.

- Merci beaucoup... Tom aurait pu te la jouer depuis bien longtemps.
- Tom ne sait pas chanter ... Et Tom n'y aurait jamais mis tout son c½ur.

Arrête de sourire comme ça, Interdis à tes yeux de briller. Ca en devient déstabilisent et c'est sans surprise que mon c½ur cogne contre ma poitrine. Combien de temps cognera-t-il encore? Hein ? Combien de temps avant que tu m'annonces mon départ ?

_____________


Une dizaine de minute. La réponse est là, Il n'a fallu qu'une dizaine de minute avant qu'une personne ne toque à la porte, m'étant fin à ce cours séjour dans cette suite débordante de luxe. Sans surprise, je redécouvre Viktor. C'est donc lui qui me ramèneras n'est-ce pas ? Allez décides toi à parler , ça ne sert à rien de baisser la tête.

- Il va falloir que tu y ailles. Je suis désolé mais je ne peux pas t'accompagner. Viktor t'y conduiras.

Le regard fuyant, ses mots ressemblent trop à des adieux qu'ils sont pourtant. J'aurais pu essayer de l'en empêcher, mais cela n'aurait servi à rien. Après avoir été délaissé au profits de l'indépendance, la raison l'emportera aujourd'hui.

- ... d'accord.

Un grand silence s'impose et nous sépare jusqu'à ce que Gustav décide de le briser, une dernière fois peut être.

- Ne ... Ne parle de ... moi à personne. La police sait que tu étais avec moi mais ils sont tenus au secret professionnel. Je ... j'essaierais de te contacter pour prendre de tes nouvelles. Je suis content de t'avoir rencontrer et d'avoir pu un peu t'aider.

Ne fuis pas mon regard. Garde la tête haute et dis moi ce que tu as à dire. Je n'ai plus rien à perdre, si ce n'est ma vie.

- Beaucoup. Répliquai - je d'une haute voix , lui faisant relever la tête , enfin.
- Hein ?
- Beaucoup m'aider. Tu m'as beaucoup aidés. Et même si on se reverra jamais, j'oublierais jamais .. .

Je ne peux continuer ma phrase sous peine d'éclater en sanglot. L'audace ne dure jamais longtemps dans ce genre de situation. Une même émotion noue alors ma gorge et mon ventre, me laissant impuissante face à la situation.

- On se reverra , je ne sais pas quand, je ne peux pas te donner de preuve , mais je te le promet. Prononce -t-il de cette voix douce et calme dont il a usée pour me calmer cette nuit. J'aime cette voix , sa voix , celle que je croirais parmi toute, celle qui sait me calmer. Ses yeux ont rejoins sa voix , se livrant enfin aux miens , m'offrant un regard aussi doux que sa voix.

Sous ses paroles , Gustav s'avance vers moi et ses bras entourent mon corps comme ils l'ont entourés cette nuit. L'entourant timidement à mon tour , j'hume son odeur de toute mes force , imprégnant mes vêtements mais surtout mes souvenirs de ce parfum que je ne retrouverais surement jamais. Non, jamais. Je sais qu'il me ment , que nos vies sont trop différentes pour nous rapprocher un jour. Je sais qu'il essaie d'y croire autant que moi , mais au fond, nous savons tout deux que cette étreinte est la dernière. La tête posée sur son épaule, les yeux fermée, je serre un tout petit peu plus mes bras autour de son buste, je me suis promise de ne pas pleurer.

- Je ne t'oublierais pas.

Ses mots éclatent à l'intérieur de moi et se répercutent dans toute mes pensées, m'empêchant de retenir une larme chatouillant le coin de mon ½il. Je n'en ai aucune preuve, mais je le crois, de toute mes forces je le crois. Je crois ses bras autour de moi, son doux parfum envahissant mes narines, sa voix grave et calme. Je crois tout ce que nous étions pendant ces quelques heures. Je crois aussi que ce que nous avons vécu été court mais assez fort pour ne pas s'effacer, même face à des milliers de kilomètres. C'est bien connu , les souvenirs se foutent bien des distances.

Deux inconnus reliées par la violence, la souffrance et le réconfort. Deux inconnus qui seront désormais reliées par des souvenirs. Seulement des souvenirs.

La voix de Viktor résonne une dernière fois pour nous deux, signe de mon départ. Notre étreinte se desserre lentement, rouvrant un grand vide. Cette pièce si magnifique me parait maintenant sans intérêt, il n'y a plus que lui , pour les dernières secondes. Nos regards restent plongés l'un dans l'autre jusqu'à ce que ses mains lâchent les miennes et que son pouce essuie délicatement la seule larme qui a réussi à s'évader sur ma joue, la dernière larme qu'il pourra effacer, précédente de bien d'autre. Le Vsd m'attrapent alors doucement par le bras et me tire en direction de la porte. Un dernier regard à partager. Un au revoir de la main agrémenté d'un regard insaisissable, inoubliable , indescriptible. Le temps aurait pu s'arrêter que ça ne m'aurait étonné , nous laissant quelques secondes en cadeau d'adieu.

_____________


Assise à l'arrière de cette voiture , ma vue est devenue floue par les larmes mais j'arrive tout de même à reconnaître les immeubles et les commerces de ma rue. Mon souffle se coupe lorsque je reconnais quelques policiers postés en bas de mon immeuble. Je ferme les yeux et essaie de me calmer. Cette fois , ce n'est pas un cauchemar , Gustav ne sera pas là pour me réveiller. Je suis seule à affronter la réalité, Viktor n'étant qu'un simple accompagnateur bien que chaleureux. A peine rouvrais-je les yeux que la voiture s'arrête et qu'une porte s'ouvre à l'instant même. Un bras se tend vers moi et me demande de le suivre. Ou plutôt la suivre. Je ne cherche plus à comprendre ni à savoir ce qu'il se passe. J'attrape sa main et sort de la voiture , guitare et sac sur le dos. Tout le monde a le regard fixée sur nous , enfin plutôt sur moi. Je croise le regard d'une de mes voisines et baisse la tête. La honte m'envahit. La honte d'avoir affolée tant de gens, d'être maintenant désignée comme une petite fugueuse irresponsable et immature. Mettant un pas devant l'autre, je ne fais même pas attention à ce que peut me dire cette policière. J'ai juste peur de ma famille , je me fous bien d'elle et de son régiment d'officier, j'ai trahi mon entourage, je les ai effrayé volontairement, je les ai fuis , et aujourd'hui ... Un étage, Deux étages. Cet ascenseur a toujours été très lent. Arrivé au troisième , la porte est grande ouverte et la voix de ma grand-mère retentit , ainsi que celle de ma mère. Mon prénom est crié dans tout le couloir. Des bras m'entourent , des larmes, sur leur visage et maintenant sur le mien. Des larmes de honte. Me voila maintenant devant mon oncle , j'hésite, sa réaction est celle que je craignais le plus. Une main s'abat sur ma joue. Je n'ai rien à dire , il a raison de son geste. Assailli par les remords , je cours vers ma chambre et m'y enferme, laissant couler les larmes dont la seule précédente était celle effacer par Gustav. Tout ne sera jamais plus comme avant.

_____________


J'entends une femme parler. Sûrement une assistante sociale ou un truc dans le genre. " Il lui faudra quelques jours de réhabilitation. Laissez la reprendre ses repères. " Mes repères? Pour moi ils portent les prénoms de Léa, Roxane et Ryan. Penser à eux me réchauffe le coeur et le brise par la même occasion. Les deux soeurs ont du me chercher partout , s'accusant elle même de m'avoir perdu en me laissant partir seule. Et que dira Ryan quand il reviendra et que je ne serais plus là ? Est ce qu'ils me pardonneront de m'être laisser manipuler par une célèbre star du rock qui n'avait pour seul but de me ramener à cette maison que j'ai tenté de fuir pendant ces quelques jours ? Je ne sais pas , je n'en sais rien. Je déteste l'incertitude. J'ai l'impression d'être à nouveau seule , perdu, contre ses adultes qui ne comprennent rien à cette vie que je ne supporte plus. J'ai l'impression qu'un mur haut de plusieurs dizaines de mètres nous sépare. Ils ne peuvent comprendre mes actes et je refuse de comprendre les leur. Il n'y a rien à comprendre , je n'ai pas compris moi-même. L'envie de hurler me tiraille. Je ne supporte plus leurs paroles insensées digne de purs paranoïaques Toujours les mêmes questions reviennent. Pourquoi ont ils si peur que Gustav m'ait fait des " attouchements " ? C'est à ces moments-là que l'illustration du monde tourne vraiment autour de la violence , de l'abus , de l'argent et du sexe. Je me retiens de laisser éclater ma haine en leur foutant mon poing dans leur face , ça n'arrangerait sans doute pas mon cas et ils en décrèterais que je suis bonne à enfermer. Non, non et non, je ne veux pas parler à un psychologue. Non , je ne veux plus parler à qui que ce soit. Ces gens me font vraiment pitié , surtout cette femme qui est là devant moi depuis une dizaine de minute à essayer de me faire dire un mot alors que je reste muette, le regard dans le vide. Elle doit se dire que j'ai un problème , et effectivement oui , j'ai un problème. Mon problème c'est eux, et la seule résolution possible possède les mêmes prénoms que mes repères. Assise au fond de mon lit , la tête contre le mur, mes joues ruissèlent de larmes pour la énième fois depuis ces quelques jours. La haine, la tristesse et le remords se livrent bataille en moi, ne sachant qui prendra le plus de place pour me détruire. Ils m'ont enfin laisser , sur conseils de la pauvre vieille qui a enfin abandonner l'espoir que je lui dise quoi que ce soit. Je n'ai plus rien à dire. Je ne veux parler qu'à certaines personnes , et elles ne sont pas là. Elles ne sont plus là alors je n'ai plus rien à dire.

_____________


D'une certaine façon je suis maintenant unique. Unique dans mon histoire , unique grâce à lui , seulement grâce à lui. Qui s'est vu déjà vu sauvé de la rue, accueilli et hébergée par Gustav Schäfer ? La question ne se pose pas, sans lui , je n'aurais rien été à ce jour. Un cadavre dans une morgue , un corps inerte dans une rue, une personne abandonnée au beau milieu de ses sentiments sans personne pour la rassurer, pour moi ce n'est rien. Au fait , je ne vous ai pas parlé de la version officielle. En effet, Gustav n'a rien avoir dans cette dernière , mais l'histoire se voit beaucoup moins exceptionnelle. Le patron d'un hôtel assez bien fréquenté me trouva allongée sur le sol en face de son bâtiments , il me porta secours et demanda à se que l'on me ramène aujourd'hui , après une belle et bonne nuit gratuite dans son hôtel. C'est tellement facile d'arranger les choses à sa sauce. David doit en savoir quelque chose, ma famille aussi. C'est vrai, ça sera plus facile pour Gustav, alors je l'accepte, puisque c'est pour lui.

Prenant mon portable dans la petite poche de mon sac, je ne cherche pas à lire les messages que l'on m'a envoyé. C'est fini , c'est maintenant du passé. Rapidement , la liste de mon répertoire défile et s'arrête au prénom « Isa-melle » Je tapote sur mon clavier, reniflant de temps à autre "Je suis désolée d'avoir fait ça. Pardonne moi. Je t'aime." Je ne sais combien de texto j'ai pu envoyé dans la soirée. J'ai besoin d'eux, besoin de mes amies , de celle qui ont toujours été là. Enfin , on verra qui me croiras, qui m'aideras à retrouver mes repères.

_____________


Quelquefois, nous avons besoin d'une certaine personne pour nous remettre sur pied , pour nous faire accepter le monde tel qu'il est. Cette personne c'était lui. Oui c'était. Je n'ai pas envie de garder un espoir qui ne fera que me détruire , il ne reviendra pas.

. . .

Edit du Jeudi 12 Juin :
On peut dire qu'il y a relativement peu de commentaire et de visites par rapport à d'habitude ( - de la moitié je crois ) , mais je n'en cherche plus vraiment la raison ( Manque de temps du aux exam ? Desintéret pour la fic ? Bref. )
Pourquoi ? Parce que tout simplement , dans la quarantaine de com's que j'ai eu
Certains m'ont vraiment touchée et me pousse à écrire encore et encore.
Ce chapitre est surement celui dans lequel je me suis le plus investi et certaines personnes m'ont redonné le sourire - et j'en avais besoin - lorsque j'ai lu leur commentaire disant des choses extrèmement sympatiques.
Je ne pensais pas que cette suite pouvait émouvoir autant , jusqu'a en faire pleurer certains.
Et même si ma fic peut être catégorié dans les fics " peu connu ", je prends maintenant bcp plus de plaisir à l'écrire.
Le prochain chapitre arrivera je-ne-sais-quand. Désolé , Brevet oblige =S
Sur ceux j'arrête ma tartine et remercie encore ces* lecteurs particuliers.
A bientot : )

. . .

En ce qui concerne la liste des prevenus.
Maintenant c'est du passé.
Je ne perdrais plus mon temps à prévenir ses gens là.
J E P R E V I E N S C E Q U I L A I S S E D E S C OM S U R L E D E R N I E R C H A P I T R E.
( ne serais ce qu'un seul )
Je crois que c'est bien clair.

# Posté le jeudi 29 mai 2008 17:34

Modifié le samedi 16 août 2008 05:10

Blog d'OS

 Blog d'OS
Au programmes, toutes sortes de OS, GG's, Twincest, Deathfic, Drabble, Lemons ...

J'espère que vous me suivrez tous là bas, Par pitiééééé <3

Vous pouvez aussi me proposer des scénarios pour que je vous les ecrive. Je préviens d'avance, je préfère largement les GG's, donc les twincest auront plus de chance d'être refusé que les GG ><

# Posté le lundi 16 juin 2008 15:58

Modifié le samedi 12 juillet 2008 15:20

I Must Runaway - 19

I Must Runaway - 19
Chapitre 19

Tout est si blanc, si calme. Aucun son ne résonne dans cette pièce vide, comme si le silence était imposé , comme si chacune des parois refusaient d'être atteinte par les ondes. Tout à coup , un corps se matérialise devant moi. Gustav. Je n'en crois pas mes yeux et me précipite vers lui pour le prendre dans mes bras. Sans que je ne le comprenne , mes bras se referme sur eux même et lorsque je me retourne , je vois la même image de Gustav , dos à moi. Je tend la main vers lui , essaie de toucher son dos pour finalement traverser son corps , ou plutôt l'image de son corps. Il n'est que pixels , une simple image , une simple illusion. Instantanément, mes joues accueillent une larme puis une autre, sombre précédente d'un sanglot de déception. Sans que je ne puisse comprendre, d'autres corps se matérialisent dans un bruit sourd et grave. Ces longs cheveux bruns , cette ressemblances entre ses deux filles, cet autre avec cette casquette blanches et ses quelques mèches dépassant ramènent leurs images insaisissables. Assise dans un coin de la salle, je pleure ses pixels qui me narguent, gémissant leurs prénoms dans cette pièce silencieuse dont je suis la seule réelle occupante.

Ce même rêve revient chaque nuit depuis mon retour, depuis ces 3 jours où je suis restée enfermée en refusant de parler à ma famille, à tout ceux qui refusent de comprendre. 3 nuits d'une chaleur estivale étouffante sans personne qui ne me rassure face à mes cauchemars, sans personne pour imprégner mes vêtements de son odeur en simple réconfort. 3 nuits à se demander jusqu'où ira ma propre destruction via la solitude. Oh oui que des amies ont défilées, des amies fidèles et que je remercie, me promettant toute que je retrouverais Ryan et les s½urs , mais ayant toutes reçu l'interdiction de m'emmener au skateboard ou à n'importe quel endroit d'autre qui pourrait me rappeler ma fuite. Je ne peux , non plus, sortir sans un proche, sans quelqu'un qui m'empêcherait de « faire une bêtise ». Voyons, je suis une bêtise à moi seule. Finalement, je refuse de sortir. Cette ville me donne la nausée et je ne vois pas l'utilité de sortir, ci ce n'est de partager la souffrance des courageux qui affronte cette pollution. Je hais Marseille. Cette ville que je renie depuis 3 jours ouvertement, mais qui, intérieurement, m'a toujours dégoutée. Enfin. Sans aucune surprise, je n'ai eue aucune nouvelle de Gustav. Je n'en espèrais pas, enfin je crois. Ça peut paraître terre à terre, mais à quoi bon espérait ce que l'on sait impossible ? Au fond peut être y avait il une partie de moi qui se laissait prendre par l'espoir, mais elle a vite fait d'être enseveli sous la défaite que je me suis infligée. Les espoirs détruisent aussi facilement que la fatalité. Autant choisir son camp. Autant s'accrocher à ce qui reste fixer. Merde. La sonnette me sort alors de mes pensées. Sûrement encore un membre de ma famille venant voir ce qu'il restait de la « Petite ». Sûrement vais-je devoir encore dire que je regrette, que je ne recommencerais plus. Jouons les sages pour avoir la paix. Allongée sur ce qui s'appelle généralement un lit mais qui ressemble plutôt à un gros matelas parsemé de feuilles griffonnés, mes écouteurs sont vissés dans mes oreilles, criant une chanson de Eths alors que je déchire pour la énième fois ces mots que je viens d'écrire d'une écriture gauche et grossière. La sonnette retentit une nouvelle fois, mais ce n'est plus celle de l'immeuble mais celle de l'appartement. J'appuie alors sur la touche « pause » de mon mp3 avant de tendre l'oreille. La porte s'ouvre et je distingue la voix de ma grand-mère très distinctement - ma chambre est à côté de l'entrée. « Qui êtes vous ? » La curiosité s'empare de moi. « Des amis de Julia. Nous... nous l'avons aidé... » Je n'écoute déjà plus. Je reconnais cette voix comme je l'aurais reconnu parmis des milliers. Grave mais assez douce, calme mais remplie d'assurance. Sa voix retentit toujours lorsque je saute de mon lit et me jète devant mon petit miroir accroché au dessus de mon bureau pour voir dans quel état je suis. Je rajuste ma queue de cheval - il faisait trop chaud pour que mes cheveux bordent ma nuque - déplore mes yeux démaquillés et fatigués, avant de rajuster ces pauvres vêtements trop larges pour moi qui me servent de pyjama. Sans plus attendre, oubliant mon air plus que pitoyable, j'ouvre la porte à la grande volée, provoquant un petit cri aigu et un sursautement de surprise d'une personne qui a hanté mes pensées pendant tout ce temps . Je ne réalise même pas que je les ai en face de moi que je lui saute dessus. Il est là , elles sont là, ici, pour moi, pour nous. Ses bras se serrent autour de moi, témoignant de ses craintes, de sa peur, de tous les sentiments que je l'imagine ressentir lorsque j'avais disparu. Encore une fois, mon c½ur ne sait plus où donner de ses battements, s'affolant face à ce flot d'amour qui vient se déverser dans cet après midi qui s'annonçait aussi minable que les autres journées. Il était habitué à ne battre que pour me faire respirer, mais ses battements prennent maintenant une réel signification. Je crois bien que mes yeux pleurent de bonheur, sous ceux sûrement étonnés de ma grand-mère. Tu vois, eux ils étaient là, eux ils ont compris, ou du moins , ils ont essayé. « Tu vas bien. Tu vas bien » Il répète ses mots comme pour s'en persuader. Je vais bien, maintenant. Maintenant que vous êtes là, maintenant que je vous sais au courant. Ou plutôt , j'essaierais d'aller bien. Pour vous, pour nous. Sans attendre, bordant dans ses pensées, je passe de bras en bras, délaissant ma grand-mère qui a sûrement deviné leur rôle dans ma fuite. Finalement, je réussis tant bien que mal à me détacher de leur bras, quelques questions s'imposant tout de même.

_ Comment vous avez fait pour me retrouver ? C'est Marie qui vous a prévenue ? Elle m'avait dit qu'elle essaierait de vous retrouver pour vous prévenir.
_ Oui, je crois que c'était elle. Elle est venu au skatepark et elle nous a tout expliqué avant de nous dire où tu étais. Ryan était pas avec nous et ça allait faire trop tard, le temps qu'on aille le chercher, le temps de venir... Alors on est venu aujourd'hui. Heureusement que tu vas bien ! Même si tu as l'air d'avoir un peu maigri...
_ C'est pas pour cause de ne pas la nourrir. Rechigna ma grand-mère, s'incrustant dans la conversation.
_ Oh ... laissez tomber.

Ils ont bien compris, je le sais, mais nous n'avons pas besoin de déblatérer sur mon appétit qui se faisait très pauvre ses derniers temps.

_ Bon allez venez.

Faisant un demi tour sur moi-même, j'ouvre la porte de ma chambre et leur fait signe de s'installer sur le lit. Alors que mes précieux visiteurs parcourent ma chambre de leurs yeux curieux, je prends place à côté de Ryan qui détourna le regard vers moi. Ma main posée sur le lit, je sentis une peau glisser sur la mienne, la caresser timidement avant de se glisser entre mes doigts. Il suffit de ce contact pour réveiller tous les sentiments qu'il avait réussi à provoquer en moi, des sentiments qu'une seule personne avait réussi à endormir, une seule personne à laquelle je ne dois plus penser. Souriant timidement, mes doigts se resserrèrent sur les siens à cette pensée. Je ne dois pas le perdre. Ou plutôt, je ne dois pas me perdre.

______

Assis tous les quatre en rond sur mon lit, la main de Ryan tient toujours fermement la mienne, rassurante et douce, son pouce faisant de léger aller retour sur ma peau lorsqu'il le faut , lorsqu'il l'en ressent le besoin. Ma grand-mère nous ayant laissés ensembles pour mon récit , tous les yeux sont braqués sur moi. Je me sens mal alaise à l'idée de parler de Gustav, surtout en présence de Ryan. Je ne sais même pas s'il me croirait, s'il ne me prendrait pas pour une groupie de base s'étant inventé un malheureux songe à elle seule. Inspirer, souffler, inspirer, commencer.

_ Tu sais... Enfin vous savez..., commençais je sur un ton plus ou moins hésitant, perdant un peu plus d'assurance à chaque mot, la première fois que j'ai chanté sur les marches devant la gare, quelqu'un est venu me... me voir. Cette personne m'a même donnée les 20 euros que je vous avais passé.
_ Oui. Un vieux riche. Tu nous avais dit. Mais c'est quoi l'rapport ? S'impatienta Léa.
_ Attends j'y viens. En fait ... ce n'était pas un vieux riche qui m'avait donné cet argent. Pas du tout...( Je prends une grande inspiration avant de continuer. ) J'ai pas osée vous en parler de peur que vous ne me croyez pas, mais c'est un jeune homme... assez particulier qui m'a donner cet argent...
_ Comment ça ? Demande Ryan avec une pointe de reproche dans la voix.
_ J'étais en train de jouer Nothing else matters et ...il s'est agenouillé devant moi. J'ai eu peur , j'voulais qu'il parte. J'aime pas les gens, surtout la proximité avec les gens dans la rue. Puis quand j'ai fini la chanson , il était toujours là. Alors je me suis décidée à relever la tête, et c'est là que j'ai vu que c'était...Gustav. Le... le batteur de Tokio Hotel. Y avais le bassiste aussi.
_ T'es sérieuse ? Demanda Léa, d'un air suspicieux alors que tous me regardaient avec des expressions plus abasourdis que soupçonneuse.
_ Il avait des lunettes de soleil et une casquette, mais je suis sûre que c'était lui ! Pourquoi j'inventerais ça ?
_ C'est bizarre... On en aurait entendu parler si ils venaient à Marseille. Enfin ...c'est quoi le rapport ? C'est lui qui t'as sauvé ?
_ Ca peut paraître insensé, fou, incroyable et tout ce que vous voulez, mais sans lui, ses bâtards m'auraient peut être tués.

Je ne sais pas lequel des quatre est le plus surpris par mon récit. Cette histoire pourrait être sortie tout droit d'une fiction, mais elle est pourtant la mienne, plus heureusement que malheureusement. Plus les mots sortent de ma bouche, plus ils trouvent ça remarquable et étonnant. Sûrement pas autant que moi qui l'ai vécu, qui est ressenti une multitude de sentiments les uns à la suite des autres. Mais à cet instant précis, la seule chose que j'ai remarqué, c'est que le pouce de Ryan s'est brutalement arrêté de caresser ma peau, qu'il ne prenait part dans la discussion qu'en confirmant les commentaires d'une s½ur ou de l'autre. Je n'ose même plus croiser son regard, sentant le reproche s'emparer de ce dernier. Il a le droit de m'en vouloir, il a raison. Je n'ai pas pensé à lui pendant plusieurs heures, j'ai trouvé le sommeil dans les bras de quelqu'un d'autre - passage que j'ai évidemment occulté dans mon récit. Je n'ai pas été digne d'être sa petite amie pendant son absence. Au fond , je ne le suis d'ailleurs peut être toujours pas. Sans bouger de leur place initiale, trépidant pourtant d'impatience , un tas de questions me sont posées - seulement par les s½urs - , et étrangement , j'ai l'impression d'être de nouveau au milieu d'un de ses interrogatoires que j'avais eu à subir pendant toute une journée. Cette histoire est fini, Gustav est partit, pour toujours. J'ai beau dire que je veux passer à autre chose, que le passé doit rester où il est, il reste toujours une question, un passage à éclaircir. Je veux que cette histoire finisse, mais personne ne m'écoute. Je ne veux pas m'enfoncer dans un souvenir, mais personne ne veut me croire.
____

Au bout de quelques minutes de « blabla » inutile sur des détails sans importance , les s½urs sont allées s'expliquer avec ma grand-mère. Elles disent qu'elle veulent lui faire comprendre mon ancienne situation à « leur façon ». Je ne pense que cela servent à grand-chose, ma grand-mère étant une des personne les plus bornées que je connaisse malgré sa gentillesse. Je pense plutôt à un alibi pour me laisser seule avec celui que je devrais appelé « mon petit ami » et qui semble pourtant si loin de moi à cette instant même. Seule avec lui, les mots refuse de sortir, la gêne s'étant maintenant trop confortablement installée. Je devrais avoir des milliers de choses à lui dire, mais à l'instant même, les mots restent recroquevillée au fond de ma gorge. Finalement, quelques mots banal traversent mes lèvres, des mots que je trouve trop franche, trop ferme pour ces retrouvailles que l'on devrait savouré.

_ Tu m'en veux?
_ Non. T'étais seule , t'avais besoin d'aide. Il était là, il t'a aidé, ou plutôt sauvé. C'est plutôt à moi que j'en veux. Dit il, sans me regarder, tête baissée, d'une voix monocorde et plate.
_ Hein ?
_ J'étais pas là. Je ne sais même pas te protéger. S'il n'avait pas été là, tu serais morte. Il te mérite plus que moi.
_ Tu exagères. Tu pense pas qu'il me mérite.
_ Si.
_ Pas une seconde.
_ Je te dis que si.

Il en fait plus qu'il le devrait , je le sais, ça se voit. Il s'en veut, mais il en rajoute. Comme tout garçon plus ou moins romantique. Ses attentions me touchent, son inquiétude aussi. Nous ne sommes que deux ados face a des évènements qui nous dépassent, face à des évènements bien trop complexes pour des idéalistes dans notre genre. Croisant enfin son regard, je peux apercevoir une pointe de tristesse dans ce regard vert impénétrable. J'esquisse un sourire pour lui montrer que son exagération ne me gêne pas, mais à mon grand étonnement , il ne me le rend pas et se lève du lit pour rejoindre les s½urs dans la salle à manger, prenant bien soin de fermer la porte derrière lui. Je me retrouve alors seule avec une place vide devant moi, quelques centimètres de draps froissés où il était assis il y a quelques secondes. Il s'en veut, je m'en veux. Au fond, nous avons tous quelque chose à se reprocher dans ce genre de situation, quelque chose que l'on aurait du faire mieux, ou autrement, quelque chose que nous n'avons pas fait, ou n'aurions pas du faire. Et sans doute que les regrets ne servent à rien, que le temps ne se remonte pas, mais tout le monde sait que, quelquefois, l'on ne peut s'empêcher de se repasser en boucle certaines scènes, changeant leurs scénarios à notre goût. Sortant de mes pensées, quelques bribes de leur paroles atteignent mes oreilles. Ils chuchotent mais, après quelques secondes d'écoute, je réussis à reconnaître la voix de Roxane, la voix de la « sage » comme on pourrait dire. Je ne comprends que quelques mots, peu important, qui ne me donne pas leur sujet de conversation. Tant pis. Dans tous cas, je serais au courant tôt ou tard. Tout à coup, la sonnerie retentit une nouvelle fois, stoppant leur conversation, réveillant ma curiosité mais aussi mon angoisse. Tout comme précédemment, je reconnais le bruit des pantoufles de ma grand-mère qui demande ensuite l'identité de la personne à l'interphone. Quelques secondes après, je l'entend arriver et ouvrir ma porte à la volée, manquant de me l'envoyer dans le nez par la même occasion. « C'est ta mère. » Panique, Stress. Elle sait autant que moi ce qu'il risque de se passer, elle sait autant que moi que ma mère est celle qui a toujours su foutre le bordel mieux que personne.

_________

Les présentations faites, l'orage va sûrement éclater. J'attend sa remarque qui fera tout basculer, je l'attend, elle et sa provocante mini jupe, elle et son air de shootée qui lui colle à la peau, elle et son air arrogant et fier qu'elle ne m'a heureusement pas transmis. C'est eux qui vont tout prendre sur ce coup là, je le sais, je la connais. Me plaçant à côté de Ryan , je lui attrape la main discrètement, glissant mes doigts entre les siens et la serrant un peu fort, lui montrant ma présence, cherchant aussi un peu de la sienne. Il tourne alors la tête et nos regards se croisent lorsque une voix remplie de reproche et de mauvaise volonté s'élève.

_ Alors c'est vous qui avez emmenée ma fille ? C'est vous qui lui avez faite risqué sa vie ?
_ On l'a juste aidée. Elle s'était déjà enfuie quand on l'a trouvée. S'empressa de dire Roxane, d'une voix calme, de sa voix de « sage ».
_ Aidée à faire des conneries oui !

Sa vulgarité ne m'étonne plus , et c'est de même pour son agressivité. Il fallait bien qu'elle viennent tout foutre en l'air à un moment ou à un autre. Un autre aurait été plus approprié, mais je ne l'ai pas choisi, ni elle, ni le moment.

_ Ils ont juste respectée mes choix ! M'écriais je à son encontre.
_ Tais toi !
_ Je ne me taierais pas ! Tu es responsable dans tout ça , si tu t'étais occupée de moi , je ne serais pas partie pour laisser ta mère tranquille ! Tu n'es même pas capable de prendre soin de ta propre fille !

Mon regard défit le sien, sombre et rempli de reproche. Je n'avais jamais osé lui dire ce que je pensais, je ne m'étais jamais directement et ouvertement opposée à elle de cette façon, et je sais qu'en faisant ça, je suis en train de briser tout lien plus ou moins fragile qui avait subsisté entre nous malgré tout. Ma grand-mère ne diras rien, je le sais, c'est une histoire entre nous deux , et quoi qu'il arrive, je la sais de mon côté.

_ Comment tu peux parler comme ça à ta mère ?
_ Ma mère ? Tu n'as jamais tenu ton rôle de mère !

Sa main s'abat violemment sur ma joue, provoquant un claquement sonore plus intensif que l'impact sur ma joue. Je n'ai pas mal. Je ne ressens rien. Je ne ressentirais jamais rien pour ,ou à cause d'elle, je ne lui offrirais pas cette satisfaction, elle ne le mérite pas. Réagissant presque immédiatement, Ryan m'a alors brusquement tiré vers lui, me plaçant contre lui, ma tête dans le creux de son cou. Son corps me rassure, sa tête contre le haut de mon crâne aussi. Les deux s½urs n'osent sûrement pas intervenir, et elles ne le doivent pas. Ceci me concerne , et je ne veux pas qu'elle soit mêlée à une dispute en étant accusée du contraire de leurs actes.

_ Ne viens pas pleurer le jour ou il t'aura quitter pour une petite blonde aux gros seins.

Casse toi. Barre- toi. Vas où tu veux, parle à qui tu veux dis ce que tu veux, mais pars. Loin. Très loin. J'ai dit ce que j'avais à te dire, et je ne veux plus t'entendre. On peut maintenant dire que je n'ai pas de mère. Ou même que j'ai rayé ce mot de mon vocabulaire. Maman. Si peu de fois prononcé. Un mot renfermant quelques bons moments croulant sous les mauvais. Cet histoire ne pourra jamais repartir à zéro. Même si je le voulais. Une enfance ne se remplace pas, une adolescence non plus. Tu le sais autant que moi. Au revoir Maman. Et je peux même dire Adieu, parce que même si tu reviendras, tu as quittée ton rôle de mère depuis si longtemps que je n'en ai que de vagues souvenirs.

Ma mère, un personnage qui vous ai à présent toujours vague. Au fond, ma mère était juste quelqu'un d'irresponsable , quelqu'un qui s'était retrouvé avec un enfant dans les bras sans s'imaginer que quelques années plus tard, cette enfant serait dans les bras de sa grand-mère, beaucoup plus capable de s'occuper d'elle que cette mère en manque d'argent. Comment s'occuper d'un enfant alors que l'on peine à s'occuper de soi même ? Et puis il y avait aussi ce petit frère condamné à restée avec sa mère, ce petit frère qui était « je ne sais ou » aujourd'hui , ce petit homme que je ne reverrai sûrement pas de si tôt après cet altercation. Oui, c'était juste quelqu'un d'irresponsable, mais il aurait fallu qu'elle sache que, souvent, l'irresponsabilité d'un était responsable de nombreuses blessures chez les autres.



____

Alors que je suis encore une fois enfermée dans ma chambre à écrire une multitude de mots qui me passe par la tête, la sonnerie du téléphone fixe retentit une fois de plus. J'entend ma grand-mère se précipiter sur le combiné. C'est bizarre, je ne réponds plus au téléphone depuis mon retour et elle le sait très bien. Elle n'a donc aucune raison de s'y précipiter, ce qui , par le fait, réveille ma curiosité qui me force à coller mon oreille contre le bois froid et vernis de ma porte. « Allo ? ...Ah oui, on m'avait dit que vous appelleriez...Oui elle va bien. Elle mange peu mais l'appétit va revenir très vite, je la connais...Ne vous inquiétez pas, tout se passe bien.... Dites lui que tout se passe bien , qu'il ne s'inquiète pas lui non plus ... Oui, je vous remercie encore pour tout ce que vous avez fait, et pour votre appel aussi...Au revoir. »

Tout ne se passe et ne se passera pas bien. Un tas de petits mensonges pour rassurer cette personne. Mais un tas de petits mensonges pour qui ? Gustav et David ? Cela collerait parfaitement, et rien que d'y penser, mon c½ur retrouvent malheureusement les petits battements que Gustav savaient si bien déclencher. Ses tas de petits battements étrangers à Ryan.

. . .

- Une centaine de commentaire pour avoir la suite. -

- Trois nouveaux OS sur Forbidden-Words ( GG's, Twincest et Drabble. ) -

- Je ne previens plus ceux qui font partis de la liste. Seulement ceux qui mettent au moins un com sur le dernier chapitre. -

- Je ne suis pas affamée de commentaire, mais affamée d'avis. C'est bien clair je l'espère. -


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# Posté le mardi 01 juillet 2008 13:20

Modifié le jeudi 17 juillet 2008 05:58

I Must Runaway - 20

I Must Runaway - 20
Chapitre 19

Ils sont mon inspiration. Alors que pendant des jours les mots restaient bloqués dans les phalanges de mes doigts, aujourd'hui tout me parait d'une fluidité extrême. Les mots affluent tellement que mes doigts ne sont pas assez rapides pour les écrire. Tellement que j'en ai parfois peur de les oublier, alors je m'enregistre à haute voix sur mon portable. Des sujets plus ou moins bon à connaître pour certains ou certaines, des paroles plus ou moins violentes, plus ou moins explicites. J'attends avec impatience le retour de ma guitariste pour pouvoir faire de nouvelles repetitions avec le groupe. Ce sera un moyen comme un autre d'extérioriser mes sentiments... Et peut être même que mes "sauveurs" pourrait nous accompagner ... Ce serait cool. La sonnerie retentit à nouveau. 11h Merde, j'en ai complètement oublié l'heure qu'il est. En parlant d'eux, Ryan et les soeurs ont été invités à manger par ma grand mère. Mieux vaut qu'ils ne lisent pas ça. Je range alors rapidement toutes les feuilles dans mon cahier, et le jète dans un tiroir que j'ai ensuite du mal à fermer à cause du fouillis qui règne à l'intérieur. Inutile de dire que je n'ai pas parlée du coup de téléphone à ma grand mère. Inutile de dire que je ne compte pas en parler à Ryan. Ni au soeurs d'ailleurs.

_____________

Enfin, c'est sans attente que les soeurs ont prétextée un rendez vous urgent pour me laissr seule avec Ryan, dans ma chambre, faisant sûrement naître des pensées malhonnêtes dans l'imagination folle de ma grand mère. Tant pis. Allongés sur le dos l'un à côté de l'autre, nos doigts liés, la gêne est encore présente. Les simples bises et les liens de nos doigts sont les seuls étreintes que nous nous offrons. Peut être que maintenant nous ne méritons pas plus... Je n'aime pas remettre le sujet sur le tapis et lui répeter à nouveau les mêmes choses. Je n'aime pas que l'on doute de ma confiance, car au fond, rien ne s'est reelement passé et dans tous les cas, plus rien ne se passera.

_ Combien de fois dois-je te dire que je ne l'aime pas ? dis - je suis un ton ferme en insistant sur le " pas".
_ Alors pourquoi t'as enlevé tous tes poster de lui et son groupe ? questionna t'il, un brin de défi dans la voix.
_ Parce qu'après ça, j'me suis rendu compte que les images n'avait rien avoir avec la personne qu'il était.
_ Et les enlever, t'empecherait de penser à lui.
_ Ryan , tu t'fais des films.
_ T'es sure ?
_ Certaine.

Au fond, je ne suis pas si certaine. Même si enlever ses posters ne m'empêche pas de me ressasser ces souvenirs sans cesse, il m'évite d'avoir ce regard noisette de papier glacé posé sur moi, et de me rapeller aussitot l'instant où ce regard n'était pas imprimé mais bien reel.

_ Alors tu prends un papier, tu fais deux colonnes. D'un côté tu marques ce que je suis pour toi, et de l'autre ce que Gustav est pour toi. On verra ce qui pèse le plus lourd.
_ C'est débile, j'peux te le dire. pestais je face à cette idée que je trouve puérile.
_ Nan écris le, s'il te plait.
_ Si c'est ça qu'il te faut pour me croire, d'accord.

C'est comme ça que quelques minutes après, il se retrouve avec deux mots griffonés à la va-vite sur un papier, l'incertitude l'envahissant. "Petit ami présent." dans la première colonne "Super héro absent." Dans la seconde. Je n'ai rien à dire de plus, je trouve ses mots assez explicites, et pour moi, il résume l'histoire aussi bien qu'un long roman.

_ Et si le super héro était présent ?
_ Les super héros ne sont jamais présent.
_ Si. Petit ami absent, super héro présent.Les scénarios se sont déja inversés. insiste t-il.
_ Une simple bonne erreur. Les scènarios comme ça ne s'échange qu'une fois. Les super héros ne sont présent qu'une seule fois dans la vie de quelqu'un comme moi.
_ Et les petits amis restent présent alors ?
_ Parfois. Ca dépend d'eux.

Assis l'un à côté de l'autre, je scrute son visage qui, lui, scrute ce papier qu'il finit par mettre en boule et lancer dans la corbeille. Gustav est mon super héro - en quelques sortes - , et Ryan mon petit ami. L'un m'a sauvé la vie, l'autre m'aide à y rester. Il n'y a pas à chercher plus loin, et pourtant Ryan creuse, encore et encore, comme s'il se doutait que je cache certains détails qui pourrait être blessant pour lui.

_ Ryan, qu'est ce que je dois faire pour que tu puisse me croire ?
_ C'est pas ça ... Mais ... Je m'en veux, j'étais pas là pour t'aider, et si ...
_ Ryan ! T'étais à des kilomètres, t'étais obligé de partir, tu pouvais rien faire.
_ N'empêche que sans lui, je sais pas ce que tu serais devenue.

Employons la manière forte. Après tout, cette chanson lui est destinée, et si c'est ce qu'il lui faut pour me croire, autant enlever cette carapace et me dévoiler. Je me lève alors, faisant grincer le lit avant de me diriger vers mon bureau dont j'ouvre un des tiroirs - le plus plein - et en ressort une feuille de papier recouverte d'un tas de mots écrits d'une ecriture plutot bouclée mais assez maladroite. J'aurais préférée la lui réécrire au propre et sans faute, mais pour l'instant, il devra se contenta de ça.

_ J'étais pas sensée te la faire lire maintenant, ni même peut être te la faire lire un jour, mais bon. Je pense qu'elle t'expliquera mieux que moi ce que ... ce que je ressens. prononçais je en baissant la voix la voix sur le dernier mot.
_ C'est une chanson? m'interroge t'il.
_ Oui, la mienne.
_ C'est toi qui l'a écrite ?
_ Bah oui , idiot ! Lis la au lieu de poser des questions inutiles. J'vais quand même pas t'offrir une chanson écrite par le voisin !
_ Parce que tu me l'offres en plus ?
_ Lis ! Dis je en lui poussant la feuille contre le nez.

Une fois son regard plongé dans mes mots, assise à côté de lui. l'anxiété m'envahit. Je me demande si cette chanson n'est pas trop directe, ou justement, trop implicite. Je cherche à déceler une pointe de quelquechose dans son regard, mais il reste neutre, jusqu'à ce que, arrivé au dernier mot, un sourire vienne me rassurer. Il tourne la tête vers moi et, après avoir posé cette feuille de papier si précieuse de l'autre côté de son corps, il passe ses bras autour de mon corps, me ramenant à un tas de souvenirs. Je ressere notre étreinte, la tête nichée dans son cou, respirant la chaleur de ce qui ressemble à nos vrais retrouvailles. " Je suis désolé. " Il n'a pas à l'être, et si je ne lui avais évité aucun détails, sûrement serais ce moi qui devrait m'excuser à ce moment là. Delicatement, il détacha légerement son corps du mien, son regard retrouvant le mien, le vrai, celui qui petille. Et sans surprise, lentement, nos visages se rapproche de nouveau, nous rappelant nos anciens gestes hésitants, mes mains tremblantes lorsque nos yeux se ferment, et que nos lvères se frolent pour la premiere fois depuis ses quelques jours qui semblaient une éternité. Un frisson me parcourt le dos, et je crois qu'il l'a senti, car contre les miennes, ses lèvres se sont tendues en un sourire avant de venir capturer ma supérieure plusieurs fois. Dans le silence parfait de cette chambre, une de ses mains anciennement dans mon dos est partie se lier ses doigts aux miens, une mains aussi moite que la mienne. Ma langue s'imissent enfin entre ses deux lèvres, prenant les devant avant que son homologue ne la rejoigne, l'attirant dans des caresses lentes et délicates. C'est en retrouvant ses gestes que je réalise à quel point ils m'ont manqué, à quel point ses sensations pouvaient être si importantes. Je l'ai retrouvé, lui, Ryan, mon petit ami. Doucement, je bascule lentement en arrière, l'attirant avec moi dans ma chute légère. Son poids s'ajoutant au mien, je manque de tomber, quittant ses lèvres dans ma chute, mais retrouvant son corps lorsqu'il eut le reflexe de me retenir. Nos sourires sont radieux, et le soleil ne brillera jamais autant que nos yeux. C'est peut être éxagéré, mais personne ne peut comprendre ce genre de situation. Celle ou l'on se sent plus forte que tout, mais en même temps si fragile face à lui. Celle ou tu pourrais rire et pleurer pour un rien, juste pour exprimer ce qui s'agite à l'intérieur de toi. Celle que je suis en train de vivre et à laquelle je ne mettrais fin pour rien au monde. Prenant soin de ne pas allongé ses jambes sur la feuille, Ryan déposa son corps contre le mien, la tête sur mon coeur. Sûrement peut il percevoir les battements de mon coeur affolé, sa main toujours la mienne, son pouce caressant le mien, tandis que ma main caressait ses cheveux bouclait juste soutenu par un bandeau.

_ Tu sais que je suis ton petit copain et que je n'ai même pas ton numéro de portable ?
_ Arf c'est con ça. Dis je sur un ton ironique.
_ Les petites amies normales auraient dit " J'te le passe tout à l'heure comme ça tu pourras m'appeler ce soir pour savoir si on peut se voir demain. "
_ Mais tu crois vraiment que je suis une petite amie normale ?
_ Hum... Nan. Mais ça empeche pas que je puisse avoir ton numéro pour t'apeller ce soir hein ?


___________

Assise sur le sofa à côté de ma grand mère, un verre de coca à la main, je cherche le courage pour aborder le sujet du coup de fil. Il est tard, mais je ne reussirais pas à dormir sans avoir de réponse.

_ Qui c'est qui a appelé hier ?
_ Hein ? Personne n'a appelé.
_ Si, environ une heure après que Ryan et les soeurs soit parties, quelqu'un a appelé. Te fou pas de moi.
_ C'était juste ta tante qui demandait comment tu allais.
_ Depuis quand est ce que tu vouvois ta fille?
_ Depuis quand est ce que tu écoutes aux portes?
_ Réponds moi! C'était qui !? dit je en haussant la voix.
_ Ca ne te regarde pas. répondit elle séchement, le regard toujours rivé sur son feuilleton débile où je pouvais apercevoir une personne se faisant menacée d'un couteau.
_ Si ! Vous avez parlé de moi ! Arrête de me prendre pour une gamine. Je sais qui c'est. Alors dis le.

J'ai toujours été la plus tétue de nous deux, et elle sait éperdumment que je ne lacherais pas le morceau. Je la sens craquée, elle va me le dire. J'en ai la confirmation lorsqu'elle prend la télécommande afin de mettre fin à son feuilleton et qu'elle tourne ensuite un regard génée vers moi.

_ Je ne veux pas que tu te fasses des idées.
_ Je ne m'en ferais pas... C'était David, c'est ça ? demandais je sur un ton beaucoup plus calme et posé.
_ Oui... David m'avait dit qu'il m'apellerait dans quelques jours, pour prendre de tes nouvelles et eviter que Gustav se fasse du soucis. C'est tout. Mais il n'appelera plus. Et il a interdit à Gustav d'essayer de prendre contact. Enfin, tu comprends que Gustav a 19 ans, il est ...
_ Ca va, je comprends très bien. Je ne me suis pas fait d'illusion et ne m'en ferait pas. Faudrait un peu que tu comprennes que je crois plus aux compte de fées depuis longtemps.
_ On y croit pas, mais c'est parfois plus fort que nous.
_ Hum.

Finalement, cette réponse m'agite autant qu'elle me calme. C'est un sentiment étrange, celui de se sentir délaissée mais importante. Enfin, j'ai été importante quelques instants, je ne le suis plus. Plus pour lui, en tout cas. Tant pis, pour Ryan, je le suis, et c'est ce qui doit importer le plus à ce jour, comme tous les jours qui suivront.

____________

_ Tu sais Julia, tu dis que tu veux passer à autrechose mais que personne ne veut te croire, mais si tu ne le crois pas toi même, ça ne sert à rien d'essayer d'en convaincre les autres.
_ Je le crois.
_ Non. C'est impossible , et à moi tu ne me le feras pas croire. Regarde, il faisait partis des personnes dont tu suivais l'actualité presque tous les jours, des groupes et des chanteurs que tu écoutais pour te remonter le moral , et dont tu parlais ou te moquais pour avoir un sujet de conversation. Et un jour, tu l'as rencontré, il t'a aidé, sauvé, hébergée, soignée et consolée. Et tu vas me dire que tu peux passer outre tout ça ? Que tu peux tout mettre de côté du jour au lendemain.
_ D'accord. D'accord, je ne l'oublie pas, je pense à lui très souvent, trop souvent, je me souviens même de son odeur, de la façon dont il m'a pris dans les bras, de l'expression dans ses yeux quand on s'est quitté, je me remémore tous les détails depuis plus de 4 jours. Mais je veux reelement passée à autrechose. Y a aucun espoir à avoir, , d'ailleurs j'en ai peur, et j'aime vraiment Ryan , enormèment même mais...
_ Mais quelquechose te retient encore à Gustav. Viens chez moi demain après midi, viens à l'heure que tu veux, quand tu te sentiras prête. On discuteras, tu me diras tout, vraiment tout. Et peut être qu'après avoir tout déballer, tu pourras enfin passer à autrechose. Je ne peux pas te le promettre, mais je vois pas d'autre moyen de t'aider.
_ Merci d'être là Marie.
_ Ne me remercie pas et contente toi d'aller mieux. Ca sera ta façon de me remercier.


Même si au départ ce n'était qu'un simple coup de fil, cette discussion avait pris une tournure beaucoup plus importante. Marie, ma meilleure amie, celle qui n'était pas parfaite mais savait l'être dans ses moments, avait raison : je n'avais jamais reelement parlé de ce que je ressentais à quiconque. Peut être parce que je voulais me le cacher et donc, le cacher aux autres. A vrai dire, toute cette histoire me hantait encore, même si ce que je voulais le plus résider en ce Ryan pouvait m'apporter. On ne choisit pas ce dont on rêve et encore moins de qui. Mais aujourd'hui Ryan, je veux que tu reprennes la place qui t'es promise dans mon inconscient, que tu l'occupes pleinement pour qu'aucun autre ne puisse s'y imisser pour te voler ton trône. S'il te plait, reprends ta place.

. . .

Enfin, il est là ce chapitre. Autant dire que , encore une fois, j'suis pas très fière de lui. MAIS BON ><
J'crois que j'ai mis assez de temps à l'écrire pour ne pas faire chier le monde avec ça.
J'vais quand même essayer de trouver le courage de poster mes suites plus rapidement : )
Je passe beaucoup plus de temps sur mon forum spécial yaoi mais je compte vraiment me mettre à écrire le prochain chapitre dès maintenant
Et pour ceux qui disent que mes chapitres sont trop longs et qu'il n'y a pas assez de dialogue,
je voudrais juste dire que ma fiction ne fait pas partis de ces machins qui envahissent le net
Et dont l'orthographe est à vomir. Je ne dis pas que la mienne est la meilleure, mais ce n'est pas non
plus la pire, et je pourrais leur montrer quelques adresses pour qu'elles comprennent ce qu'est
qu'une bonne fiction. Bref.
Passez de bonne vacance, profitez, ne pensez pas à la rentrée ><
Et euh ... A bientot, en tout cas le plus tot possible ^^
. . .

# Posté le jeudi 17 juillet 2008 19:25

Modifié le mercredi 06 août 2008 11:51